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Les animaux de l'Arctique sont des animaux dont le physique et le comportement sont adaptés aux conditions particulières de vie dans les régions les plus nordiques de la Terre. On peut définir l'Arctique de diverses façons. Du point de vue géographique, c'est la partie du monde située au nord du CERCLE ARCTIQUE (66° 32' de latitude Nord), au-delà duquel il y a au moins un jour dans l'année où le soleil ne se couche pas et un autre où il ne se lève pas.


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Les merveilles naturelles du Canada

Les définitions écologiques invoquent des discontinuités majeures : en milieu terrestre, la démarcation principale est la LIMITE FORESTIÈRE; en mer, la frontière se situe là où les eaux froides et peu salées caractéristiques de l'Arctique rencontrent les eaux de l'Atlantique et du Pacifique dans des zones de remontées d'eau profonde et de brassage. Habituellement, en Arctique, la vie des animaux terrestres et aquatiques est étroitement liée. La mer constitue une source de nourriture pour les Oiseaux terrestres (du Bruant des neiges au Cygne siffleur) qui, au printemps, se nourrissent des algues accumulées sur les plages après les tempêtes. L'hiver, grâce à la glace, le Renard arctique, le Loup et l'OURS POLAIRE ont accès à la vie marine. Inversement, plusieurs animaux marins (des Guillemots aux Morses) utilisent le milieu terrestre pour s'accoupler et élever leurs jeunes. D'autres comme le Phoque annelé et la Mouette blanche peuvent élever leurs petits sur la glace et sont donc indépendants du milieu terrestre.

Loup arctique
Les loups sont de couleurs variées : ils ont un pelage pratiquement blanc dans l'Arctique et, plus au sud, un pelage jaune-brun ou pratiquement noir (Corel Professional Photos).


Facteurs limitants

La faune terrestre arctique ressemble à la faune commune des zones nordiques tempérées. On y trouve moins d'espèces, mais les mêmes ordres et familles qu'au sud y sont généralement représentés. Il y a plusieurs causes à cette faible variété. Sur terre, la température moyenne annuelle est sous le point de congélation, et le sol est gelé en permanence en profondeur; il n'y a donc pas de couche chaude près de la surface du sol pendant l'hiver. C'est pourquoi les Reptiles et la plupart des Mammifères hibernants ne se répartissent pas au nord de la ligne de PERGÉLISOL continu. Certaines espèces d'Insectes, de Rongeurs, de Carnivores et d'Oiseaux des zones boréales ne se trouvent pas dans cette région dénudée parce qu'ils dépendent des arbres pour trouver nourriture et abri.

Les étendues d'eau libre sont rares dans la plus grande partie de l'Arctique, et ce, pendant presque toute l'année. Sauf dans les endroits où il y a des rapides et des clapotis de marée, il se forme généralement de la glace solide ou une banquise dense qui bloque l'accès au milieu aquatique. Les animaux qui hivernent dans la TOUNDRA arctique doivent étancher leur soif avec de la neige. L'hiver, les Oiseaux et les Mammifères ichtyophages migrent généralement dans des endroits où les proies sont plus accessibles. Ceux qui restent se concentrent dans les rares polynies (endroits libres de glace).

Le facteur le plus restreignant pour la vie animale en Arctique est peut-être la brièveté de la saison de croisssance. La VÉGÉTATION terrestre, qui pousse pendant les rares mais longs jours d'été, doit assurer la subsistance des animaux pendant un hiver exigeant et rigoureux. Il n'est pas surprenant que la majorité des animaux mobiles passent l'hiver ailleurs : les Oiseaux se dirigent vers les côtes océaniques plus au sud, les plaines intérieures et les régions forestières, et un grand nombre de CARIBOUS de la toundra vont dans les pâturages de lichens de la FORÊT BORÉALE ouverte.

La courte saison de croissance chasse parfois certaines espèces hors des ÉCOSYSTÈMES arctiques. Au nord de la toundra, il est rare de rencontrer des mouches noires, qui sont un véritable fléau dans la forêt boréale. On peut attribuer l'absence de chauves-souris et d'hirondelles à la très courte période où les Insectes volants sont disponibles comme source de nourriture.

Une autre contrainte importante de la vie arctique est la dangereuse perte de chaleur causée par la température hivernale basse et le refroidissement par le vent. Ce refroidissement oblige les animaux à sang chaud à avoir une fourrure épaisse, dense et isolante, ce qui veut dire que les animaux arctiques qui passent l'hiver à la surface du sol doivent généralement être de grande taille. En effet, plus l'animal est grand, plus son rapport surface-masse corporelle est grand et moins sa perte de chaleur relative est élevée. Le Grand Corbeau et le Renard arctique sont les plus petits animaux que l'on rencontre au-dessus de la surface de la neige durant l'hiver.

Dans l'Arctique, les bancs de neige ou congères sont compacts et durs, et beaucoup d'animaux ne peuvent s'y abriter (p. ex. les gélinottes et les Ongulés) comme ils le font dans la zone boréale, où la neige est plus molle. Certains animaux parviennent quand même à utiliser ces bancs de neige dure, comme le Lemming d'Ungava, pourvu de griffes spéciales l'hiver, et l'Ours polaire, qui y creuse une tanière pour hiberner et mettre bas. Le Phoque annelé est le seul à construire la tanière où il met bas dans la neige de surface de la banquise côtière.

Les sources de nourriture sont parfois rares, dispersées et éphémères. La plupart des espèces arctiques s'y sont adaptées et sont, par conséquent, très opportunistes. Plus au sud, les Insectes se nourrissent habituellement d'une seule espèce de plante, tandis que les Oiseaux et les Mammifères ont un régime alimentaire assez fixe; dans l'Arctique, ils exploitent communément des sources de nourritures plus variées (c'est-à-dire des niches trophiques).

L'Ours polaire en est un exemple. Les ours sont typiquement omnivores. L'Ours polaire est aussi amphibie et capable de subsister avec des ressources très diversifiées et peu abondantes, tant aquatiques que terrestres, pendant de longues périodes chaque année. Le Labbe à longue queue est un oiseau également bien adapté à ce milieu. Durant le court été arctique, il se nourrit d'Arthropodes terrestres (particulièrement d'araignées et de chironomes ou moucherons), d'Oiseaux (surtout d'oisillons au nid), de lemmings, d'organismes marins des zones intertidales et de charogne.


Phoque annelé
Le Phoque annelé vit uniquement dans l'Arctique (Corel Professional Photos).

Ours polaire, rôdant
L'Ours polaire se nourrit surtout de phoques, qu'il chasse en restant à l'affût sur la glace près d'un trou d'air (Corel Professional Photos).


Évolution

L'origine de la faune terrestre actuelle de l'Arctique canadien remonte au Pléistocène (voir ÉPOQUE GLACIAIRE). Il y a quelques milliers d'années, durant la dernière GLACIATION continentale, d'épaisses couches de glace recouvraient la plus grande partie du Canada et du Nord des États-Unis. Les animaux arctiques descendent d'espèces qui occupaient les terres où la végétation repoussait après le retrait des glaces.

Il semble que cette faune soit arrivée de deux endroits : de l'Ouest, où les terres libres de glace s'étendaient depuis le Yukon et l'Alaska, sous ce qui est actuellement la mer de Béring; et du Sud, qui pouvait ressembler à l'environnement de la base d'un glacier moderne, soumis aux cycles d'avancée et de retrait du glacier. On présume que le Lemming brun, le Grizzly (Ours gris) et le Caribou de la toundra arrivèrent de l'Ouest, tandis que le Campagnol à dos roux boréal, le Renard roux et l'Orignal arrivèrent du Sud.

On croit que quelques espèces, dont le Caribou de Peary, qui ressemble peut-être plus au Renne du Svalbard qu'à tout autre caribou nord-américain, et le Lièvre arctique, un lièvre de grande taille qui effectue des bonds en se dressant sur ses pattes arrière et que l'on rencontre dans les îles de la Reine-Élisabeth ainsi que dans le Nord et l'Est du Groenland, arrivèrent d'une troisième région, située dans l'Extrême-Arctique. L'Ours polaire et le Renard arctique sont tellement à l'aise sur la glace de mer qu'ils vivent partout où la banquise touche la côte.


Lemming
Les lemmings ne se suicident pas en se jetant nombreux dans la mer, comme le racontent les légendes (oeuvre de Claire Tremblay).

Lièvre arctique
Le Lièvre d'Amérique (L. americanus) est commun dans tous les milieux forestiers du Canada (Corel Professional Photos).


Écologie

Comparées aux milieux terrestres, les eaux marines et lacustres ont une température variant très peu durant toute l'année. Cependant, la baisse saisonnière de température influence beaucoup l'environnement aquatique en faisant geler les eaux de surface jusqu'à une profondeur de deux mètres ou plus. La glace, particulièrement lorsqu'elle est recouverte de neige, empêche les rayons solaires nécessaires à la photosynthèse de pénétrer dans l'eau. De plus, puisque la glace dérivante fait geler le fond et l'érode, la productivité des zones marines intertidales et côtières arctiques est grandement réduite. Par comparaison, la productivité marine est faible, car elle est limitée par la température et la disponibilité d'éléments nutritifs et de lumière. En raison du couvert glaciel dangereux et de la productivité hivernale limitée, plusieurs populations de Mammifères marins hivernent en haute mer dans des milieux plus productifs.

La végétation marine comprend la végétation benthique (de fond), planctonique (algues flottant librement) et les algues qui poussent dans les couches inférieures et sur la surface submergée de la glace flottante. Ces végétaux sont mangés par le zooplancton, qui est lui-même mangé par la Morue arctique (ou Saida), par des oiseaux comme les marmettes et les guillemots et par des Mammifères marins comme le Phoque annelé. Les algues servent également de nourriture aux Mollusques, qui sont une ressource alimentaire du Morse.

Les prédateurs situés dans les niveaux supérieurs de la chaîne alimentaire des mers arctiques sont l'Ours polaire et l'Épaulard. Parmi les principaux nécrophages, on compte le Goéland bourgmestre, des Crustacés amphipodes (qui mangent les poissons et les carcasses de phoques laissés trop longtemps dans les filets) et le Laimargue (requin léthargique qui peut atteindre une longueur de 3 m). L'Omble chevalier, le principal poisson comestible de l'Arctique, passent les premières années de sa vie en lac, mais si la mer est accessible, il devient anadrome ultérieurement au cours de sa vie (c'est-à-dire qu'il migre vers les eaux côtières l'été pour se nourrir voracement de Crustacés et d'autres petits animaux marins et retourne frayer en lac à l'automne).


Activités humaines

La faune arctique est à la base de l'économie locale de subsistance et, étant partiellement migratrice, elle est une source de nourriture, de commerce et de loisirs ailleurs dans le monde. L'Oie des neiges, qui naît dans l'Arctique canadien, est chassée aussi loin au sud que dans les champs de riz du Texas. Les populations de Phoques du Groenland, qui passent l'été dans les eaux arctiques, sont chassées dans le golfe du Saint-Laurent.


Boeuf musqué
(avec la permission de Karvonen Films)
Les peuples primitifs de l'Arctique utilisaient des petites lames et des pointes de pierre pour tuer le gibier à peau mince comme le Caribou et les Oiseaux. Les cultures ultérieures dépendaient des Mammifères marins, particulièrement de la Baleine boréale. Les populations de cette dernière, qui est la plus grande baleine de l'Arctique, ont grandement été réduites par la chasse (voir BALEINE, CHASSE À LA) pratiquée par les Américains et les Écossais vers la fin des années 1800. La Baleine boréale est actuellement le seul Mammifère arctique réellement en voie d'extinction. On chasse encore occasionnellement celles qui restent au large de la côte nord de l'Alaska et de l'Est de l'Arctique.

Les Inuits ont autrefois été grandement dépendants des Mammifères marins, plus particulièrement du Phoque annelé, qui reste tout l'hiver dans les baies et les détroits gelés et creuse des trous de respiration dans la glace. Les chasseurs les attendaient près des trous et les harponnaient quand ils arrivaient en surface.

Les phoques étaient une source de combustible (huile), de peau (utilisée pour fabriquer des bottes et des tentes d'été) et de viande. Les vêtements chauds ont toujours été essentiels dans l'Arctique : le pantalon d'hiver en peau d'ours du chasseur groenlandais était tout aussi caractéristique que le bonnet à poil des gardes de la gendarmerie royale. La peau des caribous tués en août, quand leurs nouveaux poils sont encore courts et fins, était la plus populaire pour la fabrication des vêtements. La fourrure du Boeuf musqué et la peau du Caribou tués en hiver étaient utilisées comme literie. Le commerce des fourrures de Renard arctique a véritablement commencé au début des années 1900. L'avenir du piégeage dans l'Arctique est incertain parce que les populations de renards ainsi que la valeur de leur fourrure fluctuent beaucoup d'une année à l'autre.

Avec le développement social et l'expansion industrielle, la CONSERVATION de la faune arctique demande une attention soutenue. Parmi les mesures prises récemment dans ce domaine, il y a des restrictions par les États-Unis sur l'importation des produits de Mammifères marins; l'imposition par la Commission baleinière internationale de quotas sur les prises de Baleine boréale par les chasseurs autochtones de l'Alaska; la signature d'une convention internationale sur la conservation de l'Ours polaire (particulièrement en haute mer) par les États-Unis, la Norvège, le Danemark, l'ex URSS et le Canada; et la délégation de la gestion de la chasse à des organismes inuits du Canada après le règlement des revendications territoriales.

L'économie des villages autochtones, dépendante des ventes de fourrures d'animaux sauvages, est de plus en plus menacée par les groupes internationaux de pression pour le « droit des animaux », bien que les droits ne peuvent être accordés mais seulement réattribués, dans ce cas des communautés humaines à des populations animales ou vice versa. Cependant, un intérêt renouvelé pour l'exploration et la production pétrolière, le forage en mer et le transport maritime pendant toute l'année est une grande source d'inquiétude pour les environnementalistes et les groupes autochtones. Par exemple, on veut bientôt ouvrir à l'exploration pétrolière la région faunique internationale de l'Arctique, dans le Nord de l'Alaska, qui est un site de mise bas pour un grand troupeau de caribous.

Parmi les autres facteurs qui menacent les animaux arctiques, on compte la pollution (industrielle et militaire) provenant du Sud et atteignant les écosystèmes fragiles du Nord, la diminution de la COUCHE D'OZONE qui affecte les biotes des hautes altitudes et l'accroissement des populations humaines qui entraîne de plus en plus de chasse.

Voir aussi ANIMAUX EN HIVER et MIGRATIONS.

Auteur A.H. MACPHERSON


Bibliographie
F. Bruemmer, Encounters with Arctic Animals (1972).


Liens supplémentaires
Institut de la Fourrure du Canada
Ce site de l’Institut de la fourrure du Canada porte sur certains aspects de l’industrie tels que le bien-être des animaux, les pièges non violents et la conservation de la faune. Il comprend aussi des ressources pédagogiques sur les animaux à fourrure et les pratiques d’exploitation durable.

Mission Arctique
Mission Arctique est une extraordinaire expédition scientifique au cœur de l'Arctique et du légendaire passage du Nord-Ouest

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